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Gaulois : à la vie, à la mort !

Gaulois : à la vie, à la mort !

Les objets archéologiques racontent des vies. Découverts dans les habitats et les sépultures gauloises entre 800 et 50 avant J.-C., ils témoignent des gestes du quotidien : se nourrir, se parer, combattre, enterrer les morts. Chaque vase, chaque bijou, chaque arme deviennent les fils conducteurs d'une histoire humaine, révélant une société structurée, guerrière et riche de traditions. – Dans le cadre de saison culturelle 2026 , nous vous invitons à découvrir ce monde « Gaulois ».

Pour en savoir +: la saison gauloise
© MAN-Valorie Gô

Un territoire densément occupé

Les fouilles archéologiques révèlent une grande diversité de sites gaulois : fermes isolées, vastes oppida (centres fortifiés), agglomérations et nécropoles. Cette densité témoigne d'une occupation organisée du territoire et de l'émergence de nouvelles formes d'organisation collective à la fin de l'âge du Fer.
Les Gaulois ne sont pas des barbares : ce sont des bâtisseurs, des artisans, des commerçants qui maîtrisent leur environnement.  

© (sinistra)Djibril Soumare, Inrap

I. Se nourrir chez les Gaulois

Le banquet

I. Se nourrir chez les Gaulois

Le banquet

L’alimentation et la vaisselle occupent une place centrale dans la vie quotidienne gauloise. Au-delà de leur fonction utilitaire, elles traduisent et permettent de mieux comprendre des habitudes, des savoir-faire techniques et des pratiques sociales qui structurent le quotidien.
© Hervé Paitier, Inrap

Une vaisselle et une alimentation diversifiées

L'alimentation gauloise repose sur les céréales (blé, orge, épeautre), les fruits locaux (pommes, noisettes, noix) les fruits méditerranéens (figues, grenades, olives, amandes) et les produits de l'élevage (porc, bovins, ovins). Chaque forme de vaisselle correspond à un usage précis. Les grands récipients, dépassant parfois 100 litres, stockent les récoltes. Les récipients plus petits sont utilisés pour cuisiner et servir. D’autres en bois, en métal et plus rarement en verre complètent cet ensemble.
© (sinistra)Photo Carole Bell, Ville de Troyes
Illustrazione (a destra) : Sceau tripode, découvert à Trémuson [22]
© (a destra) Grand Patrimoine

Quand l'art rencontre le quotidien

Ces vases décorés de motifs animaliers (160-100 av. J.-C.) illustrent une maîtrise technique exceptionnelle. Les potiers gaulois associent forme, matière et usage avec précision. Elles montrent que chez les Gaulois, même les objets du quotidien peuvent devenir des œuvres d'art.

Pour en savoir + :  les cervidés des vases d'Aulnat-Gandaillat, au musée Bargoin
© (sinistra) Rémi Boissau, musée Bargoin, Clermont Auvergne Métropole 
Illustrazione (a destra) : Un vase peint de l'ensemble
© (a destra) Musée Bargoin, Clermont Auvergne Métropole

Entre quotidien et sacré

Cette broche et ce crochet de suspension pourraient avoir servi à préparer les viandes offertes lors de sacrifices aux dieux. Chez les Gaulois, la frontière entre alimentation profane et rituel religieux est floue. La symbolique de l’objet dépend souvent de l’endroit où il est retrouvé. Le partage de la viande crée un lien entre le monde des hommes et celui des divinités. L'objet illustre la dimension symbolique de l'alimentation dans les pratiques gauloises.
© (sinistra)Collection Musée Bernard d’Agesci - NiortAgglo
© (a destra) Collection Musée Bernard d’Agesci - NiortAgglo

Commerce et prestige

Pour ce qui est de la boisson, cette cruche à vin grecque (œnochoé), découverte dans une tombe aristocratique à Lavau [10], témoigne des réseaux d'échange méditerranéens. Les élites gauloises importent des produits exotiques — vin, fruits, vaisselle de luxe — qui deviennent des marqueurs de distinction sociale.

Pour en savoir + : podcast "Tombe de Lavau : le parc du Prince"
© (sinistra)Denis Gliksman, Inrap
© (a destra) Renaud Bernadet, Inrap

II. Se parer chez les Gaulois

Du banquet à la parure

II. Se parer chez les Gaulois

Du banquet à la parure

Se nourrir ne suffit pas à exister socialement. Dans une société où le regard des autres définit l'identité, il faut aussi savoir se montrer. La parure devient le langage silencieux du corps gaulois.
© Lysiane Gauthier, Mairie de Bordeaux 

Affirmer son identité

Se parer est une nécessité sociale. Fibules, torques, bracelets, anneaux et perles ne sont pas de simples ornements : ce sont des marqueurs d'identité aussi essentiels que le nom. Ils renvoient au statut et l'appartenance à un groupe. Réalisés en bronze, fer, verre, argent ou or, ces bijoux témoignent du savoir-faire exceptionnel des artisans gaulois.
© (sinistra)D.R., Inrap
Illustrazione (a destra) : Détail du bracelet articulé à décor en relief, découvert à Mouliets-et-Villemartin [33] - Bordeaux, Musée d'Aquitaine
© Pascale Galibert, Inrap

L'emblème gaulois

Le torque est le bijou le plus emblématique de la culture gauloise. Porté autour du cou, ce collier rigide en métal est un marqueur de statut important. Fabriqué en bronze, fer, argent ou or, le torque accompagne son porteur du berceau à la tombe. De nombreuses inhumations sont retrouvées parés de leur torque, figés dans leur dignité pour l'éternité.
© (sinistra)Sylvie Pluton-Kliesch, Inrap
© (a destra) M. Veschambre, Musée Bargoin, Clermont-Ferrand Métropole / Gérald Garitan / Lysiane Gauthier – Mairie de Bordeaux / A.Maillier - Bibracte

Le métal éternel

Les bijoux en or et notamment ces bracelets découverts dans la tombe princière de Lavau, illustrent l'ostentation funéraire aristocratique. Porter de l'or, c'est porter le métal de l'éternité. Dans la tombe, il perpétue la puissance du défunt au-delà de la mort.

➥ Pour en savoir + : podcast "Les objets de la tombe du prince de Lavau à l'étude"

Illustrazione (sinistra) : Bague en or, 450-50 avant J.-C., découverte à Orval [50]
© (sinistra)Hervé Paitier, Inrap
Illustrazione (a destra) : Détail des poignets d'un squelette avec un bracelet et or, découvert à Lavau [10]
© (a destra) Denis Gliksman

Fonction et décoration

La fibule, sert à maintenir les vêtements. Ses décors transforment l'objet utilitaire en œuvre d'art. Portée sur l'épaule ou à la poitrine, bien visible, la fibule participe au langage des apparences.

Pour en savoir + : L'usage du fer - la fibule
© (sinistra)Denis Gliksman, Inrap
Illustrazione (a destra) : Musées de Sens, Fibule en métal, découvert à Serbonnes [89] - Sens, Musées de Sens
© (a destra) E. Berry - Musées de Sens

La mode du verre

Aux IIIe et IIe siècles avant J.-C., le verre prend une place importante dans la parure gauloise. Importé sous forme de blocs bruts ou de produits achevés depuis la Méditerranée orientale, il permet de créer des bijoux comme des bracelets ou des perles, avec une palette chromatique exceptionnelle : verres translucides ou opaques, incolores, bleus, verts, violets, jaunes ou bruns. Mais aussi avec des motifs géométriques ou figuratifs, sont obtenus par l'application de fils de verre ou par inclusions colorées.
© (sinistra)Pascale Galibert, Inrap /  Laurianne Kieffer (Musée de La Cour d'Or-Eurométropole de Metz)
Illustrazione (a destra) : Fragment de bracelet, découvert à Besançon – Besançon [25], Musée des Beaux Arts et d'Archéologie / Perle en pâte de verre, découverte à Bucy-le-long [02]
© (a destra) Besançon Musée des beaux-arts et d’archéologie / Hervé Paitier, Inrap

III. Combattre chez les Gaulois

De la parure aux armes

III. Combattre chez les Gaulois

De la parure aux armes

Cette société raffinée est aussi une société guerrière. Certains Gaulois sont désignés pour défendre et pacifier le territoire face aux conflits, aux raids et aux conquêtes qui rythment leur existence. Pour survivre, il faut savoir combattre.
© D.R., Inrap

Le char : véhicule de prestige

Les fouilles ont livré un abondant mobilier associé aux chars gaulois : éléments de harnachement, pièces de fixation, mais également des éléments de décoration, dômes ornés de dragons et visages zoomorphes.
Moyen de transport, outil de combat, symbole de puissance et de fortune - le char concentre toutes ces fonctions.

➥ Pour en savoir + : "Le Dôme aux Dragons de Roissy"
© (sinistra)Hervé Paitier, Inrap / MAN-Valorie Gô
© (a destra) MAN-Valorie Gô / Hervé Paitier, Inrap

Maîtriser la force animale

Les chevaux, essentiels pour la traction du char, font l'objet d'un soin particulier. On les enterre parfois dans leurs propres tombes et on leur confectionne des mors décorés de corail. Ce mors de bronze témoigne du rôle central de ces animaux dans la vie militaire et rituelle gauloise.
© (sinistra)Hervé Paitier, Inrap 
Illustrazione (a destra) : Cheval équipé de mors
© (a destra) Pexels 

L'équipement complet

L'équipement du guerrier gaulois comprend d’impressionnant d'objets métalliques, comme de épées dans leur fourreau, lances, couteaux, umbo (pièce au centre du bouclier). Ils accompagnent les défunts dans les sépultures. Dans les sanctuaires, certaines armes sont brisées ou pliées volontairement : ce geste rituel signifie que l'arme "meurt" avec son propriétaire. Elle ne peut servir à un autre.
© (sinistra)Flore Giraud, Inrap
© (a destra) M.Veschambre, musée Bargoin, Clermont Auvergne Métropole

La trompe de guerre

Ce carnyx, trompe de guerre terminée par une gueule de sanglier ou de serpent, sert à coordonner les mouvements des troupes sur le champ de bataille. Le son strident qu’il génère sert également à terroriser l'ennemi. Ce modèle exceptionnellement bien conservé, découvert à Tintignac [19], illustre la sophistication de ces instruments.

➥ Découverte 2026 : Pour en savoir + : Archéologie : découverte en Angleterre d’un trésor celtique cachant une spectaculaire trompette de guerre

➥ Pour en savoir + : Emission Les experts du passé - Ep. 14 : Le dernier souffle du carnyx - version française 

Illustrazione (sinistra) : Carnyx de Tintignac, découvert à Tintignac [19]
© (sinistra)Patrick Ernaux
Illustrazione (a destra) : Détail du carnyx de Tintignac, découvert à Tintignac [19]
© (a destra) Patrick Ernaux

III. Enterrer les morts chez les Gaulois

Des armes à la sépulture

III. Enterrer les morts chez les Gaulois

Des armes à la sépulture

Tôt ou tard, le guerrier tombe. L'homme qui a festoyé, s'est paré et a combattu finit par mourir. C'est alors que la société gauloise accompagne le défunt vers l'au-delà. Les interventions archéologiques nous permettent d’appréhender ces rituels.

Illustrazione: Tombe à Char, découverte à Neuvillette [02]
© D.R., Inrap

Aménager la tombe

Les Gaulois accordent une attention particulière à l’aménagement des sépultures. Cette tombe de Besançon illustre la pratique de l’inhumation : le défunt a été déposé dans une fosse, puis recouvert de bardeaux de chêne qui formaient une protection. Les types d’aménagements varient selon les régions et les époques, mais tous témoignent d’un soin rituel et d’un profond respect pour le défunt.
© (sinistra)Hervé Paitier, Inrap
Illustrazione (a destra) : Sépulture gauloise, découverte à Besançon [25] - Besançon, Musée des Beaux Arts et d'Archéologie  
© (a destra) Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie

Des rites pour tous

Hommes, femmes et enfants ont droit à des funérailles. Les corps sont déposés sur le dos ou en position latérale, accompagnés d'objets de leur quotidien. Les Gaulois croient en une forme de continuité de l'existence où ils emportent leurs objets dans la mort.

Illustrazione (sinistra) : Inhumation probable d'une femme immature (7-12 ans)
© (sinistra)Sébastien Paris, Inrap
Illustrazione (a destra) : Sépulture d'un enfant, découverte à Attichy [60]
© (a destra) Johanny Lamant, Inrap

Reflet du statut social

Les tombes livrent une grande diversité d'objets : vaisselle, parures, armes, outils, chars. Ces dépôts funéraires accompagnent les défunts et reflètent leur statut, leurs activités et les croyances gauloises. Même dans la mort, l'individu conserve son rang et ses objets favoris.
© (sinistra)M.Veschambre, Inrap
Illustrazione (a destra) : Céramiques et mobilier métallique déposés dans les tombes de la nécropole de Longueil-Sainte-Marie [60]
© (a destra) Hervé Paitier, Inrap

Pratiques exceptionnelles

Néanmoins, des fouilles archéologiques ont mis en évidence des hommes adultes enterrés en position assise, datant du IIe siècle av. J.-C.. Les raisons de cette posture inhabituelle restent débattues : statut particulier, circonstances spécifiques, croyances, aire sacrée ?

➥ Découverte 2026 : Pour en savoir + : des Gaulois inhumés assis rue Turgot à Dijon [21]

Illustrazione (sinistra) : Gaulois inhumé assis, découvert à Saint-Just-en-Chaussée [60]
© (sinistra)Estelle Pinard, Inrap
© (a destra) Hervé Laganier, Inrap

Chevaux et statut

Les Gaulois enterrent aussi des animaux, comme le montrent ces huit chevaux découverts à Gondole (Ier siècle av. J.-C.). Ils peuvent être associés à des tombes humaines ou enterrés seuls. Le sacrifice de plusieurs chevaux lors de funérailles est un geste de richesse ostentatoire. Au-delà du statut, ces sépultures témoignent d'un lien affectif et spirituel entre l'homme et l’animal.

➥ Pour en savoir + : La cavalerie fantôme de Gondole dans la série Eclats d'archéo (épisode 8)

Illustrazione (sinistra) : Fosse avec 8 squelettes de chevaux et 8 humains, découverte à Gondole [94]
© (sinistra)Ulysse Cabezuelo, Inrap

Des vies révélées

Les Gaulois honoraient leurs ancêtres et affirmaient leur lignage au sein de la communauté. Ces bustes, rares en Europe celtique, témoignent de l’attention portée aux rites familiaux et à la mémoire des morts.

➥ Pour en savoir + : L'art gaulois de Trémuson
© (sinistra)Emmanuelle Collado, Inrap

Conclusion

Conclusion

Des vases du quotidien aux tombes qui accueillent les défunts pour l’éternité, les objets archéologiques révèlent une société gauloise sophistiquée et hiérarchisée. Se nourrir, se parer, combattre ou enterrer les morts ne sont jamais de simples gestes : ils construisent l’identité, affirment le rang et perpétuent la mémoire. Les Gaulois continuent de nous parler à travers ces objets. Il suffit de les écouter.
© Hervé Paitier, Inrap

Remerciements

Exposition en cours :
LAVAU, un prince celte en bord de Seine vers 450 avant notre ère, Troyes, Musée d’Art moderne, du 24 janvier au 21 juin 2026. 
➥ Pour en savoir +

Références bibliographiques :
- Bonnabel Lola, Le Goff Isabelle et Boulestin Bruno, Archéologie de la mort en France, Paris : Editions La Découverte, 2012
- Delrieu Fabien et Gilabert Christophe (dir.), 5000 ans d’histoire sous la méridienne : Les fouilles de l’A75 au sud de Clermont-Ferrand, Saint-Pourçain-sur-Sioule : Bleu autour, 2023
- Garcia Dominique et Bouiron Marc, Atlas archéologique de la France, Paris : Editions Tallandier, 2023 
- Garcia Dominique et Perrodeau Jeremy, Les Gaulois à l’œil nu, Paris : CNRS Editions, 2025

Lieux d’exposition permanents des objets présentés :
Besançon [25] - Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie
Bordeaux [33] - Musée d'Aquitaine
Caen [14] - Musée de Normandie
Clermont-Ferrand [63] - Musée Bargoin
Epernay [51] - Musée du vin de Champagne et d’Archéologie régionale
Metz [57] - Musée de La Cour d’Or-Metz Métropole
Nemours [77] - Musée départemental de Préhistoire d'Île-de-France
Niort [79] - Musée du donjon
Reims [51] – Musée Saint Rémi
Saint-Germain-en-Laye [78] - Musée d'archéologie nationale -Domaine national de Saint-Germain-en-Laye
Sens [89] – Musée de Sens
Troyes [10] - Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie

Remerciements : 
Gérard Bataille, archéologue, Inrap
Marc Bouiron, directeur scientifique et technique - Inrap
Laurent Pelletier, chargé de gestion et de conservation des collections archéologiques - Inrap
Djibril Soumare, graphiste - Inrap

Conception :
Maëva Vallet, apprentie assistante de gestion des collections archéologiques, Inrap